Ce
dimanche, Donna et moi le consacrerons à notre deuxième devoir d’espagnol ainsi
qu’à une grande ballade vers et dans un grand parc aménagé, à l’époque
romantique, en contrebas du Chorro, la fameuse « source aux chiens »
que j’ai déjà mentionnée.
On
aura ainsi l’occasion de voir un aspect très réjouissant de la vie dominicale
mexicaine : des familles entières, papa, maman, enfants, se baladant
ensemble dans ce parc... profitant de ses aires de jeux et de ses fontaines.
Ceci, probablement après avoir été tous ensemble à la messe le matin.
En effet,
si on se fie à la religiosité ambiante, les Mexicains semblent encore
majoritairement pratiquants. Chaque fois que nous avons visité une église, elle
brillait des feux de nombreux cierges implorant une panoplie de statues de saints. Il s’y trouvait toujours quelques personnes
agenouillées, profondément plongées dans leurs prières. Plus d’une fois même,
une célébration se tenait dans une des chapelles adjacentes à la nef
principale...
Cette
dévotion déborde des églises. Elle se manifeste dans toutes les sphères de la
vie courante : architecture (façades ornées de statuettes de la Vierge),
magasins (Jésus vous y accueille la main sur le cœur), transports (autobus décorés d’images saintes), comportements (gens qui se
signent en passant devant une église)... Certaines funérailles prennent de ces proportions! Une fanfare complète
derrière le cercueil, le corbillard croulant sous les fleurs, une immense
procession... Une de celles qu’on a vues était même précédée par des
motos de police arrêtant la circulation...
Où
qu’on soit, donc, on est constamment assailli d’évocations religieuses.
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Une
foi qui soulève quelques questions...
Récupération
Je
vous disais hier que la maison où se tenait la levée de fonds pour la Casa de
los Angeles regorgeait de masques : le trop-plein du « Musée
des masques » adjacent, où le propriétaire de ce B&B héberge les très
nombreux artefacts qu’il a ramassés au cours de ses voyages à travers toutes
les régions du Mexique.
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Depuis des siècles, ces masques et leurs costumes correspondants - qui se sont hélas beaucoup moins bien conservés - servaient aux Amérindiens à représenter leurs mythes : création du monde, luttes entre le soleil et la lune, esprits des morts, bien ou malfaisants, ancêtres « totemisés » sous forme d’animaux... Bref, des scènes théâtrales bien adaptées à leurs cultures de tradition orale.
Au
cours des 400 dernières années, l’Église catholique a petit à petit et très
habilement récupéré ces manifestations, leur faisant représenter des scènes
bibliques ou des événements historiques. Ainsi, le « Bien » se
présente maintenant parfois sous les traits d’un Espagnol alors que ce sont un
Maure ou un Juif qui symboliseront le mal! Depuis le temps, même les Autochtones
ne savent plus ce que leurs scènes pouvaient représenter au départ...
De
ces rapprochements, ce mélange, cette fusion de pratiques et d’éléments de
doctrine empruntés aux religions et cultures ancestrales ainsi qu’à la religion
catholique « d’avant Vatican II », est né un syncrétisme déroutant. Quelles
parts attribuer ici à la « vraie » foi et aux anciennes
superstitions, autant chrétiennes que païennes?
Par
exemple, comment interpréteriez-vous la scène suivante? Une fin d’après-midi,
on tombe par hasard sur une cérémonie de bénédiction d’animaux de compagnie...
Le parvis grouille de chiens, de chats, d’oiseaux. Après que leur toutou ou leur minou ait
été copieusement aspergé d’eau bénite par l’un des deux officiants se tenant à
l’entrée de l’église, les gens s’en retournent chez eux... manifestement ravis!
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Certains des masques exposés au musée étaient utilisés pour mettre en scène Ponce Pilate, gouverneur romain,
demandant à la foule de Juifs rassemblée devant lui à Jérusalem, de choisir qui, entre Barrabas et Jésus,
allait bénéficier de sa clémence. Selon les évangiles « officiels », les
Juifs auraient choisi Barrabas... Ponce Pilate, en s'en lavant les mains, leur fit ainsi porter la
responsabilité de la condamnation de Jésus.
Et c’est ainsi que, ces deux derniers millénaires, tant de gens justifient leur haine des Juifs... Intolérance qui a entraîné les atroces conséquences que l’on sait.
Et c’est ainsi que, ces deux derniers millénaires, tant de gens justifient leur haine des Juifs... Intolérance qui a entraîné les atroces conséquences que l’on sait.
Or, le musée dit que, dans des versions d’évangile plus anciennes, on parle de "Jésus, bar-abba-s". "Bar" voulant dire "fils" et "abba", "père" en araméen, la foule aurait donc en fait hurlé: "Libérez Jésus, fils du Père». Il n'y aurait jamais eu qu'une seule et même
personne à juger! Ce ne serait que quelques siècles plus tard, une fois le
christianisme proclamé religion officielle de l’Empire romain, qu’on aurait « trafiqué »
les textes pour transférer l’ignominie de cette condamnation, des Romains... aux Juifs. Dans les versions plus récentes, « Barrabas » perd son prénom et devient une personne à part entière. Quant à la pratique de « clémence »
à laquelle se serait adonné le gouverneur romain, elle n’aurait jamais existé dans la tradition juive...
Si
ce sujet vous intéresse, « googlez »-le. Les interprétations
abondent!
En
tout cas, en ce qui me concerne, je suis sortie de ce musée pas mal
déstabilisée: La désinformation ne daterait donc pas de ce siècle?










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