Petit-déjeuner...
Donna, les papilles en éveil, hume déjà l’irrésistible arôme que dégagera le café « French Roast » qu’on vient d’acheter au marché bio. Mauvaise surprise : il est en grains! Et il n’y a de moulin à café ni à la casita, ni chez Jo.
Qu’à cela ne tienne... Jo mettra une annonce sur la « Civil List ».
- Nous :
???
-
Jo : C’est un site web sur lequel on peut faire de la publicité pour des
activités ou placer des appels à l’aide!
Une
autre des ces initiatives qui favorisent les rapports entre membres de la
communauté de langue anglaise du coin.
À
peine un jour plus tard, une réponse, déjà! On nous invite à venir moudre notre
café uelque part au bout de la ville, dans un quartier où les résidents préfèrent qu'il n'y ait pas de service d'autobus. Question de prestige...
On prendra donc un taxi, une première depuis que nous sommes à San Miguel.
On prendra donc un taxi, une première depuis que nous sommes à San Miguel.
Le quartier en question est effectivement pas mal excentré : il occupe une section où la vallée descend en pente douce vers le
lac artificiel créé il y a une cinquantaine d’années pour approvisionner la
ville en eau. Terrains spacieux, maisons luxueuses... et même, là-bas au loin, une
espèce de petit château dont le parc s’achève dans le lac. Le chauffeur de taxi
nous apprend qu’il appartient à un richissime avocat de la capitale, qui n’y
passe que quelques semaines par année tout au plus.
Membre
du fameux 1%, je présume...
Arrêt en face d'une maison dont le terrain longe les berges du lac. C’est
une domestique qui nous ouvre la grille du jardin. On ne peut s'empêcher de penser aux deux kilomètres, sinon trois, qu'elle devra remonter à pied pour rejoindre l'arrêt d'autobus le plus proche, sur la grand route...
Deux petits chiens énervés et bruyants nous escortent jusque dans la cuisine où nous reçoit une dame on ne peut plus charmante... mais dont la vue nous déstabilise, aussi bien Donna que moi. Contraste saisissant entre un corps tout menu habillé à la mode adolescente et un visage qui a dû passer on ne sait combien de fois entre les mains de chirurgiens plastiques. Cheveux crêpés, maquillage épais, ongles vernis longs de deux centimètres, bagues grosses comme des cailloux : une vraie caricature de ce que peut devenir, en vieillissant, une femme-ornement qui s’accroche à ce rôle...
Deux petits chiens énervés et bruyants nous escortent jusque dans la cuisine où nous reçoit une dame on ne peut plus charmante... mais dont la vue nous déstabilise, aussi bien Donna que moi. Contraste saisissant entre un corps tout menu habillé à la mode adolescente et un visage qui a dû passer on ne sait combien de fois entre les mains de chirurgiens plastiques. Cheveux crêpés, maquillage épais, ongles vernis longs de deux centimètres, bagues grosses comme des cailloux : une vraie caricature de ce que peut devenir, en vieillissant, une femme-ornement qui s’accroche à ce rôle...
Mais
si gentille! Si serviable! Si accueillante!
Durant
les quelques minutes que cela nous prend pour moudre notre café, elle nous raconte
de grands pans de sa vie : son installation à San Miguel; sa lutte contre le cancer; son bénévolat sur place... Nous apprenons ainsi qu’elle
donne un coup de main à Pro Musica. Eh! Mais nous étions au concert d'hier! Elle
aussi ? Que le monde est petit!
Elle
nous explique que si nous ne l’avons pas reconnue, c’est qu’hier elle portait
une perruque. Elle avait même planté de guingois, dans ces longs cheveux
blonds à la Bardot, un si mignon petit chapeau « fascinator » à la Kate Middleton.
Pincement de coeur...
Elle
nous raconte Pro Musica. C’est un avocat – d’origine
britannique celui-là – qui a mis ce programme sur pied, une ou deux années après
son arrivée à San Miguel, il y a huit ans. Depuis, grâce à une armée de
bénévoles et à des appels au mécénat, Pro Musica offre une programmation
complète de musique classique d’octobre à avril. En outre, ils arrivent à
financer des cours de musique gratuits pour plus de 750 élèves dans plusieurs
écoles secondaires de la ville.
Nous
aurons donc l’occasion de nous revoir aux deux prochains concerts qui se
donneront en ville avant notre départ, auxquels nous avons bien l’intention
d’assister : un duo piano/violoncelle le 18 janvier, et l’ « Orquestra
Barroca Mexicana » le vendredi 24 janvier.
Ce
sac de café aura fini par nous coûter plutôt cher...
Mais sans lui, l'aurait-on eue, cette courte incursion dans la sphère des plus-que-privilégiés de cette terre?
Mais sans lui, l'aurait-on eue, cette courte incursion dans la sphère des plus-que-privilégiés de cette terre?
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À gauche, le quatuor Afiara...
À droite, le violoncelliste Evan Drachman, accompagné de Jo Sanders, notre propriétaire, bénévole responsable du comité "Hébergement des musiciens".
Photo prise après le concert: le violoncelle a déjà été remisé!
Le pianiste? Richard Dowling, qui adore les compositeurs français: Ravel, Fauré, Debussy...
À droite, le violoncelliste Evan Drachman, accompagné de Jo Sanders, notre propriétaire, bénévole responsable du comité "Hébergement des musiciens".
Photo prise après le concert: le violoncelle a déjà été remisé!
Le pianiste? Richard Dowling, qui adore les compositeurs français: Ravel, Fauré, Debussy...




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