Informations
prises, il s’agit d’un site où des archéologues mexicains ont découvert très
récemment un ensemble de pyramides. Ils ne s’étaient jamais aventurés auparavant
dans ces montagnes, persuadés que l’influence aztèque ne s’était pas rendue
aussi loin vers le nord. Les gens du coin, eux, voyaient en ces tumuli informes
d’anciennes caches où les conquistadores espagnols auraient enfouis l’or et
l’argent dérobé au cours de leurs conquêtes. Imaginez la déception des
« pilleurs de tombes » qui n’hésitaient pas à s’attaquer à ces buttes
à la dynamite...
Mardi
7 : On monte à huit dans la vannette d'Albert, notre guide, un Américain originaire de Bâton-Rouge
que la passion pour l’archéologie a attiré en Méso-Amérique, où sa passion pour
une Mexicaine le retient depuis bientôt quinze ans. Volubile, passionné, un
grand sens de l’humour... dont doit bien avoir besoin, je présume, une personne
dont le nom de famille est « Coffee »!
On
passe par-dessus un barrage construit il y une cinquantaine d’années pour
alimenter San Miguel en eau. Oups! Le lac ainsi créé est monté bien plus
haut que ne l’avaient prévu les savants calculs des ingénieurs de
l’époque : à quelques centaines de mètres de la berge, le clocher d’une
église qui n’aurait jamais dû être submergée pointe un doigt accusateur vers le
ciel... Selon notre guide, beaucoup d’autres sites historiques dorment
maintenant sous cette eau, pour l’éternité.
Voici,
au loin, la pyramide principale, qui se détache sur les falaises du petit
canyon (cañada) qui a donné son nom au site. Une vue
à 360° permet de surveiller tout déplacement sur des kilomètres à la ronde.
À l’époque de sa fondation, vers 540, des prêtres-astrologues étaient chargés de déterminer quand débuter les semailles, dans cette région fertile encore abondamment arrosée. Les trois principales structures ont été placées en fonction des équinoxes et solstices, alors que, dans l’angle de chacune des marches de la grande pyramide, on pouvait suivre la révolution de la lune dans le ciel. La combinaison des cycles du soleil et de la lune a donné naissance au calendrier préhispanique, de loin plus précis que celui des Espagnols. Quand ces derniers débarquèrent en Amérique, le calendrier européen était en avance de dix jours sur les saisons!
On pense que ne vivaient ici à l’année longue que ces prêtres-astrologues chargés de scruter le ciel. Mais le site avait aussi été conçu pour pouvoir servir de citadelle défensive en cas d’attaque. On peut voir, ci-dessus, prise du haut de la grande pyramide, une photo de la cour intérieure fortifiée où pouvait se refugier le petit peuple, arrivant par cette grande allée cérémoniale devant nous.
À l’époque de sa fondation, vers 540, des prêtres-astrologues étaient chargés de déterminer quand débuter les semailles, dans cette région fertile encore abondamment arrosée. Les trois principales structures ont été placées en fonction des équinoxes et solstices, alors que, dans l’angle de chacune des marches de la grande pyramide, on pouvait suivre la révolution de la lune dans le ciel. La combinaison des cycles du soleil et de la lune a donné naissance au calendrier préhispanique, de loin plus précis que celui des Espagnols. Quand ces derniers débarquèrent en Amérique, le calendrier européen était en avance de dix jours sur les saisons!
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Les prêtres-astrologues observaient évidemment aussi les constellations,
décor fixe devant lequel voguaient cependant d’autres « étoiles ». Nos planètes furent ainsi vite décrétées
« divinités » justement à cause de ce pouvoir qu'elle avaient là : Vénus faisait même l’objet d’une
vénération particulière.
Toute éclipse était vue comme une déclaration de guerre entre deux astres. La panique aidant – ça allait être la fin du monde! – les prêtres se sont mis dans la tête qu’il fallait absolument envoyer des renforts au soleil. On se mit alors à capturer des milliers de prisonniers dans les régions avoisinantes, qu'on gardait en réserve pour pouvoir les lui envoyer « vivants » en cas de besoin. On leur pratiquait une incision à la hauteur du diaphragme, on plongeait la main entre leurs poumons, on leur arrachait le cœur qu’on posait ensuite, sanglant, sur l’autel : une âme de plus s'envolait dans le ciel!
Toute éclipse était vue comme une déclaration de guerre entre deux astres. La panique aidant – ça allait être la fin du monde! – les prêtres se sont mis dans la tête qu’il fallait absolument envoyer des renforts au soleil. On se mit alors à capturer des milliers de prisonniers dans les régions avoisinantes, qu'on gardait en réserve pour pouvoir les lui envoyer « vivants » en cas de besoin. On leur pratiquait une incision à la hauteur du diaphragme, on plongeait la main entre leurs poumons, on leur arrachait le cœur qu’on posait ensuite, sanglant, sur l’autel : une âme de plus s'envolait dans le ciel!
Comme
quoi là aussi, comme partout ailleurs au monde et dans le temps, c'est au nom de leur religion que des hommes menèrent des guerres et justifièrent les
pires massacres. Et dire que ça continue encore aujourd’hui!




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