samedi 31 janvier 2015

Cet "Ailleurs" qui m'interpelle...

 

Dans Leçon namibienne, je raconte pourquoi je passe maintenant mes débuts d'années "Ailleurs" (1).
En fait, cet hiver canadien dont la férocité me fait décamper, n'a-t-il pas justement cet avantage là? Celui de me motiver à "aller voir ailleurs si j'y suis"? Comme quoi toute médaille a deux côtés...
Côté pile: pourquoi s'y attarder?
Côté face: Injections de stimulants à longueur d'année: recherche d'une prochaine destination, apprentissage d'une nouvelle langue, préparatifs logistiques, excitation du départ... Puis, une fois sur place, sensation d'aventure: toutes ces nouveautés à découvrir, à parcourir, à comprendre...
Vraiment de quoi se maintenir en forme!
Mens sana in corpore sano...

Depuis quatre ans qu'il dure, cet "Ailleurs" a déjà pris quelques visages:

Janvier - mi-février 2012: Séville, cours intensif d'espagnol


Sept des neuf étudiants de notre groupe: Canada, Japon, Suède, Pays-Bas, Autriche, Turquie, ex-Belgique!
À l'aéroport de Toronto... avec le manuel.
On est vraiment décidées!

Devant la salle des ordis: notre enseignante et Sae, venue d'aussi loin que le Japon pour apprendre le flamenco!
Fin février - mi mars 2012 : Sud de la Floride, parc des Everglades et Keys;


En arrière de nous, des arbres-araignée plantent frileusement leurs racines échasses dans l'eau. La mangrove: un écosystème marin où des plantes empêchent les vagues de rogner la côte. Magnifique pouponnière à crevettes et poissons.
Résistera-t-elle à la montée du niveau des océans?


Un ranger du parc des Everglades se prépare à nous expliquer comment la nature se débrouille pour faire pousser des plantes dans ce qui devrait être un désert. Balade facile en bicyclette. Le "col" que nous aurons à franchir a 1 m. d'altitude!

Janvier- février 2013: Guadeloupe, trois semaines de tourisme, puis bénévolat chez Initiative´Eco

L'équipe de cette association humanitaire qui sensibilise le public à la condition des femmes et vient en aide à celles qui sont victimes de violence : refuge tenu secret, soutien psychologique, réinsertion dans le monde du travail, etc.
2014 - Mexique. Janvier: San-Miguel-deAllende / Février: Ville de Mexico, Mazunte et Oaxaca

San-Miguel-de-Allende: notre hôtesse, d'origine américaine, nous a fait découvrir la communauté d'expatriés anglophones qui s'y est développée depuis les années 1930.
À Oaxaca, on se sentait déjà assez à l'aise en espagnol pour faire affaire avec Antonio! Un hôte charmant!
2015: Málaga, sur la Costa del Sol. Un petit coin de paradis dans la montagne...


La Finca San-Matilde, juchée en haut d'une petite colline plantée d'avocatiers et de manguiers. 
Nous occupons la "casita del jardinero"
 


Le mont San-Anton. De notre "casita", on se rend au pied de la falaise en 30 minutes. Lieu de rendez-vous d'alpinistes en bas et de bouquetins sur la crête, qui constitue la frontière avec un parc naturel en arrière.
... à moins de 7 km du centre-ville de Málaga!


(1) Entrée du 28 janvier 2015

mercredi 28 janvier 2015

Leçon namibienne: Ne pas se "garocher" dans tous les sens.

Dans Drôles d'oiseaux que ces réfugiés climatiques (1), je décris le phénomène qui, dès que l'hiver se pointe au Canada, métamorphose en "snowbirds" des nuées de retraités. Une espèce dont j'ai adopté l'A.D.N.

Notre première fugue eut lieu fin février 2011. On s'y était pris un peu tard (peut-on s'attendre à autre chose de la part de débutants?) et on a fait un peu court: 17 jours, surtout en Namibie.
Objectifs: atelier-photo (2) et tourisme.
Moyen: agences de voyage.
Modalités: course contre la montre!  Debout avec le jour  - qui se lève tôt là-bas, l'été - et coucher à "point d'heure" comme l'aurait dit mon défunt beau-père franc-comtois. Comme si la privation de sommeil avait fait partie des critères de sélection du voyage...

Fallait tout voir, tout goûter, tout "faire" : massifs, plateaux, caps et paysages, points de vue, jardins, parcs et vignobles, dunes, sites historiques et préhistoriques, villes et townships, modes de vie modernes et traditionnels, animaux en enclos et en liberté, plats locaux, repas suivis de spectacles de chants interminables, ciel constellé en plein désert à minuit et départ aux aurores pour être sur place au bon moment pour les prochaines photos! Ouf!

On enchaînait ces éléments comme autant de perles sur un chapelet. Et c'en était, des perles, j'en conviens!

Trop rares, les années où la rivière Tsauchab vient se perdre dans le pan (lac asséché) de Sossusvlei,...
 
 Dans un immense enclos: guépards accourant vers notre camion pour leur ration de viande
 

Dans le désert du Namib, certaines des plus hautes dunes au monde


Jeune fille Himba, devant sa hutte en pisé
Mais, ces perles (2), à les faire défiler à cette allure, elles perdaient de leur éclat.

Tant de kilomètres à avaler! Qui ne nous laissaient ni le temps de parler aux gens, ni le luxe de goûter aux choses...  Quelle perte de saveurs! Assez pour me convertir à une toute autre façon de voyager... Tant qu'à avoir le temps, me suis-je dit, pourquoi vouloir faire tant si vite?

Depuis, mes évasions durent de six semaines à deux mois... de quoi déjà couvrir une plus longue partie de l'hiver austral. Si je n'ai toujours pas trouvé "la" recette idéale, j'en entrevois néanmoins de mieux en mieux les ingrédients. Une chose déjà est claire: d'une escapade à la suivante, ces longues échappées prennent de plus en plus l'allure de séjours et non de voyages; je tente de faire le plus possible affaire avec des gens du coin; et mon mode de vie se rapproche tranquillement de celui que je mène à la maison.
Seulement "Ailleurs", sous des cieux plus cléments...

En tout cas, plus question de s'imposer le rythme effréné du touriste. Adieu papillonnage!

(1) Entrée du 21 janvier 2015
(2) Photos de Gilbert Troutet

mercredi 21 janvier 2015

Drôles d'oiseaux que ces réfugiés climatiques...

"Cartier, Cartier, ô Jacques Cartier,
Si t'avais navigué à l'envers de l'hiver,
Cartier, Cartier, si t'avais navigué
Du côté de l'été, aujourd'hui on aurait..."

... des cocotiers, des bananiers, des lianes, des singes, des perroquets, des girafes, des éléphants ...
"Au bord du Saint-Laurent, on pourrait  se baigner
Tout nus en plein hiver et puis se faire bronzer."
 Robert Charlebois (1)

Charlebois n'est pas le seul à déplorer le fait que les vents aient poussé cet explorateur vers une contrée que Voltaire qualifiera, 200 ans plus tard, de "quelques arpents de neige" sans valeur...
Oh! Que non!
Chaque année, nous sommes des centaines de milliers de retraités canadiens - un sur quatre selon Statistique Canada (2) - à rêver de décamper de notre pays pour nous soustraire à un hiver féroce qui nous confine pour des mois dans nos maisons.
Certains détalent aux premières froidures, à la fin octobre ou à la mi-novembre. D'autres patientent jusqu'aux fêtes, pour réveillonner en famille ou entre amis.



Gaëtan, Marie, Henri et Léo, chez nous, à Noël
 

Yann, Chantal, Maïté, Elsa et Jeanne, à Nelson, au Nouvel An
 
Un sursis que vient compenser parfois la métamorphose des paysages qui, une fois recouverts d'un beau duvet blanc, perdent des détails qui parfois heurtent l'œil. En général, décembre donne déjà à ces retardataires quelques occasions de s'émerveiller de leur beauté, comme de s'extasier devant le scintillement de branches dénudées quand, des fois, givre ou glace les font briller de mille feux...En ville, ce sont des milliers de décorations lumineuses qui égayent les trop longues nuits.



Bordée de neige accompagnée de vent

Le parc en face de chez nous...
 


Notre bouleau couvert de verglas





De début décembre à la mi-janvier, le cèdre en avant de la maison éclaire nos nuits d'hiver. Quelles que soient leurs traditions, les gens fêtent  l'équinoxe avec enthousiasme, car il annonce le retour du soleil vers le Nord. Même s'il faudra encore attendre des mois avant d'en ressentir les effets. L'espoir fait vivre...
 
 
Malheur cependant à qui mettrait le nez dehors sans s'être auparavant harnaché contre le froid: multiples couches sur le torse - les fameuses pelures d'oignon! -, double pantalon, gros manteau ou parka, chaussettes, bottes, tuque, mitaines, écharpe... Ouf! Nous voilà tout engoncés dans nos vêtements. Et vive la liberté de mouvement!
Une fois dehors, il s'agit de s'activer, sinon, Mère Nature ayant sorti ses griffes, on se retrouve bientôt figés de froid, les doigts et les orteils gelés! Au moment où j'écris ces lignes, il fait moins 20 en Outaouais où j'habite. En prenant en considération le facteur de refroidissement du vent, la température ressentie est de moins trente.
Les mois de janvier et de février sont les plus cruels. À preuve, on peut y entretenir pendant des semaines d'affilée une des plus longues patinoires à ciel ouvert du monde: 7 km de glace et de pur bonheur... pour ceux et celles qui adorent vivre dans un congélateur!




Le canal Rideau transformé en patinoire

Sont-ils assez emmitouflés, à votre avis?
 
 
Répondant au même appel que des millions d'oies quittant l'arctique pour leur migration saisonnière, la grande majorité de ces retraités "expatriés volontaires" se dirige vers le sud de la Floride, longue langue de terre états-unienne léchant quasiment le tropique du Cancer. D'où le surnom de  "snowbirds" dont on y a affublé ces drôles d'oiseaux.
Avec l'avènement de transports aériens plus rapides et bon marché, ils sont maintenant de plus en plus nombreux à se rendre un peu partout dans le monde, pour autant qu'il y fasse quelques degrés au-dessus de zéro. Et je suis de ceux-là...

Me voilà devenue une "Snowbird-long-courrier"

(1) http://www.greatsong.net/PAROLES-ROBERT-CHARLEBOIS,CARTIER,12312.html
(2) http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/126992/thailande-les-snowbirds-long-courrier