mercredi 28 janvier 2015

Leçon namibienne: Ne pas se "garocher" dans tous les sens.

Dans Drôles d'oiseaux que ces réfugiés climatiques (1), je décris le phénomène qui, dès que l'hiver se pointe au Canada, métamorphose en "snowbirds" des nuées de retraités. Une espèce dont j'ai adopté l'A.D.N.

Notre première fugue eut lieu fin février 2011. On s'y était pris un peu tard (peut-on s'attendre à autre chose de la part de débutants?) et on a fait un peu court: 17 jours, surtout en Namibie.
Objectifs: atelier-photo (2) et tourisme.
Moyen: agences de voyage.
Modalités: course contre la montre!  Debout avec le jour  - qui se lève tôt là-bas, l'été - et coucher à "point d'heure" comme l'aurait dit mon défunt beau-père franc-comtois. Comme si la privation de sommeil avait fait partie des critères de sélection du voyage...

Fallait tout voir, tout goûter, tout "faire" : massifs, plateaux, caps et paysages, points de vue, jardins, parcs et vignobles, dunes, sites historiques et préhistoriques, villes et townships, modes de vie modernes et traditionnels, animaux en enclos et en liberté, plats locaux, repas suivis de spectacles de chants interminables, ciel constellé en plein désert à minuit et départ aux aurores pour être sur place au bon moment pour les prochaines photos! Ouf!

On enchaînait ces éléments comme autant de perles sur un chapelet. Et c'en était, des perles, j'en conviens!

Trop rares, les années où la rivière Tsauchab vient se perdre dans le pan (lac asséché) de Sossusvlei,...
 
 Dans un immense enclos: guépards accourant vers notre camion pour leur ration de viande
 

Dans le désert du Namib, certaines des plus hautes dunes au monde


Jeune fille Himba, devant sa hutte en pisé
Mais, ces perles (2), à les faire défiler à cette allure, elles perdaient de leur éclat.

Tant de kilomètres à avaler! Qui ne nous laissaient ni le temps de parler aux gens, ni le luxe de goûter aux choses...  Quelle perte de saveurs! Assez pour me convertir à une toute autre façon de voyager... Tant qu'à avoir le temps, me suis-je dit, pourquoi vouloir faire tant si vite?

Depuis, mes évasions durent de six semaines à deux mois... de quoi déjà couvrir une plus longue partie de l'hiver austral. Si je n'ai toujours pas trouvé "la" recette idéale, j'en entrevois néanmoins de mieux en mieux les ingrédients. Une chose déjà est claire: d'une escapade à la suivante, ces longues échappées prennent de plus en plus l'allure de séjours et non de voyages; je tente de faire le plus possible affaire avec des gens du coin; et mon mode de vie se rapproche tranquillement de celui que je mène à la maison.
Seulement "Ailleurs", sous des cieux plus cléments...

En tout cas, plus question de s'imposer le rythme effréné du touriste. Adieu papillonnage!

(1) Entrée du 21 janvier 2015
(2) Photos de Gilbert Troutet

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