mercredi 21 janvier 2015

Drôles d'oiseaux que ces réfugiés climatiques...

"Cartier, Cartier, ô Jacques Cartier,
Si t'avais navigué à l'envers de l'hiver,
Cartier, Cartier, si t'avais navigué
Du côté de l'été, aujourd'hui on aurait..."

... des cocotiers, des bananiers, des lianes, des singes, des perroquets, des girafes, des éléphants ...
"Au bord du Saint-Laurent, on pourrait  se baigner
Tout nus en plein hiver et puis se faire bronzer."
 Robert Charlebois (1)

Charlebois n'est pas le seul à déplorer le fait que les vents aient poussé cet explorateur vers une contrée que Voltaire qualifiera, 200 ans plus tard, de "quelques arpents de neige" sans valeur...
Oh! Que non!
Chaque année, nous sommes des centaines de milliers de retraités canadiens - un sur quatre selon Statistique Canada (2) - à rêver de décamper de notre pays pour nous soustraire à un hiver féroce qui nous confine pour des mois dans nos maisons.
Certains détalent aux premières froidures, à la fin octobre ou à la mi-novembre. D'autres patientent jusqu'aux fêtes, pour réveillonner en famille ou entre amis.



Gaëtan, Marie, Henri et Léo, chez nous, à Noël
 

Yann, Chantal, Maïté, Elsa et Jeanne, à Nelson, au Nouvel An
 
Un sursis que vient compenser parfois la métamorphose des paysages qui, une fois recouverts d'un beau duvet blanc, perdent des détails qui parfois heurtent l'œil. En général, décembre donne déjà à ces retardataires quelques occasions de s'émerveiller de leur beauté, comme de s'extasier devant le scintillement de branches dénudées quand, des fois, givre ou glace les font briller de mille feux...En ville, ce sont des milliers de décorations lumineuses qui égayent les trop longues nuits.



Bordée de neige accompagnée de vent

Le parc en face de chez nous...
 


Notre bouleau couvert de verglas





De début décembre à la mi-janvier, le cèdre en avant de la maison éclaire nos nuits d'hiver. Quelles que soient leurs traditions, les gens fêtent  l'équinoxe avec enthousiasme, car il annonce le retour du soleil vers le Nord. Même s'il faudra encore attendre des mois avant d'en ressentir les effets. L'espoir fait vivre...
 
 
Malheur cependant à qui mettrait le nez dehors sans s'être auparavant harnaché contre le froid: multiples couches sur le torse - les fameuses pelures d'oignon! -, double pantalon, gros manteau ou parka, chaussettes, bottes, tuque, mitaines, écharpe... Ouf! Nous voilà tout engoncés dans nos vêtements. Et vive la liberté de mouvement!
Une fois dehors, il s'agit de s'activer, sinon, Mère Nature ayant sorti ses griffes, on se retrouve bientôt figés de froid, les doigts et les orteils gelés! Au moment où j'écris ces lignes, il fait moins 20 en Outaouais où j'habite. En prenant en considération le facteur de refroidissement du vent, la température ressentie est de moins trente.
Les mois de janvier et de février sont les plus cruels. À preuve, on peut y entretenir pendant des semaines d'affilée une des plus longues patinoires à ciel ouvert du monde: 7 km de glace et de pur bonheur... pour ceux et celles qui adorent vivre dans un congélateur!




Le canal Rideau transformé en patinoire

Sont-ils assez emmitouflés, à votre avis?
 
 
Répondant au même appel que des millions d'oies quittant l'arctique pour leur migration saisonnière, la grande majorité de ces retraités "expatriés volontaires" se dirige vers le sud de la Floride, longue langue de terre états-unienne léchant quasiment le tropique du Cancer. D'où le surnom de  "snowbirds" dont on y a affublé ces drôles d'oiseaux.
Avec l'avènement de transports aériens plus rapides et bon marché, ils sont maintenant de plus en plus nombreux à se rendre un peu partout dans le monde, pour autant qu'il y fasse quelques degrés au-dessus de zéro. Et je suis de ceux-là...

Me voilà devenue une "Snowbird-long-courrier"

(1) http://www.greatsong.net/PAROLES-ROBERT-CHARLEBOIS,CARTIER,12312.html
(2) http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/126992/thailande-les-snowbirds-long-courrier

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