dimanche 14 février 2016

Une autre Saint-Valentin...

La sérénade

Vendredi 12 février.
Excursion à Querétaro, une ville importante à environ 70 km de San Miguel de Allende.
Tour de ville guidé : architecture, édifices, événements historiques marquants... une multitude d'explications émaillées d'anecdotes. Une de celles-ci nous a amenées à faire notre balade du jour dans le parc Alameda, où nous nous sommes rendues expressément pour voir ceci:

La sérénade
Ce qui avait allumé notre curiosité?
Alors que l'autobus passait devant ce parc, le guide avait lancé aux passagers le défi d'entamer une chanson qui, selon la légende, avait été composée ici même. Et toutes les dames de chanter en chœur une complainte dans laquelle nos pauvres oreilles peu habituées à l'espagnol ne captaient que quelques mots ici et là, qui revenaient cependant de façon lancinante:
morir de amor
mi corazón
 
Toutes, sans exception, connaissaient la chanson! Et pas seulement le premier couplet...
Les hommes, je présume, devaient la connaître aussi. Mais ils se tenaient plutôt coi... comme ce serait souvent le cas quand il est question de sentiments?

 Ah! Combien de guitares ont transmis à une belle ce que son soupirant n'osait dire!
J'en connais un autre, d'homme, qui aime tenir une guitare dans ses bras.
Depuis sa plus tendre adolescence...
Au point qu'il l'a mise en poème, du temps où il étudiait encore à l'université.

VOUS

Vous ressemblez à ma guitare.
Je vous chante la pomme
Et vous m'accompagnez.
Sans votre accord, point de ballade.
Ou bien ce serait comme
Faire à moitié
La sérénade.

Vous ressemblez à ma guitare
Mon instrument préféré.
Souvent, sur mon genou,
Vous passez la soirée,
Mais n'occupez mon lit que quand je suis debout.

Vous ressemblez à ma guitare.
À peine on vous effleure, et déjà vous vibrez...
Mais ils sont rares
Ceux qui tombent dans vos cordes,
Ils ne courent pas les chemins.
Pour jouer avec vous,
Il faut avoir appris tout ce qui vous importe :
Comment poser sa main,
Où vous tenir le cou,
Que faire avec ses doigts...
Vous serrer contre soi,
On ne réussit pas toujours du premier coup.

Vous ressemblez à ma guitare :
Sensible et délicate au point de m'excéder.
Il faut vous ménager, éviter les transports,
Vous laisser vous détendre de retour au port.
Avec vous,
Il n'est pas simple de s'accorder:
Ici vous êtes la et là vous êtes ré.
Parfois, je vous l'avoue,
Faut mettre des bémols quand vous exagérez.

Vous ressemblez à ma guitare.
Des milliers comme vous peuvent bien pavoiser,
Vous êtes un modèle unique, épuisé...
Vous êtes harmonie,
Concert de courbes et de rondeurs.
Sur vous, à l'infini,
Je pourrais faire des arpèges.
Vous faites écho, dirais-je,
À mon chant intérieur.
Résonner, chez vous, c'est une manie.
Mais quand vous résonnez,
Cela vous vient du cœur.

Gilbert Troutet
Mots et cris, Éditions du Vermillon, Ottawa, 2005.



 
En 2008 - Il y a huit ans déjà...










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