Donna et moi, nous nous parlons en général en français. Sans
le faire exprès. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’on se rende compte
qu’ici, ça faisait une différence…
C’est que, depuis les déclarations insultantes d’un certain
Donald Trump, ne parler qu’anglais ici, c’est équivoque. On pourrait être de
ces « gringos » prêts à voter pour celui qui tonne que le Mexique
n’exporte aux USA que « de
la drogue, des violeurs et des criminels ». Qui déclare
qu’une fois président, il fera construire sur la frontière
mexicaine un autre de ces « mur de Berlin » de sinistre mémoire,
ou pire encore, une ignoble muraille comme celle qu’Israël érige en Palestine…
Avec nous donc, pas de zone grise. Et comme, par respect
humain, nous faisons l’effort de communiquer avec les Mexicains dans leur
langue… Oh! L’accueil qu’on nous fait ici!
Quelques jours à peine après notre
arrivée, nous connaissons déjà plusieurs personnes par leur « petit »
nom.
Laissez-moi vous en présenter quelques-unes.
Laissez-moi vous en présenter quelques-unes.

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Voici déjà Betty. C’est sa partenaire en affaires, Monsé – diminutif de Montserrat – qui nous a servi notre première margarita de la saison. Elles tiennent un petit restaurant dans une ruelle perpendiculaire à la rivière Cuale. Ouvert 6 jours sur 7, du matin au soir. Elles ne comptent donc pas leurs heures… De plus, il leur faut constamment vérifier s’il n’y a pas par hasard quelqu’un à la petite table qu’elles ont stratégiquement installée sur la berge, un « spot »* qui leur vaut bien des clients, mais qu’elles ne peuvent voir depuis leur comptoir.
Imaginez les vas-et-viens pour le service!
En face de cette petite table, dans la rue qui longe l’eau, Suzy tient un salon de beauté : coiffure, manucure, pédicure… Quand trop de monde se présente à la fois, elle appelle son jeune fils à la rescousse. Comme si cela ne suffisait pas, elle loue aussi un petit appartement adjacent à son salon. Elle a enquêté pour nous, lors de nos recherches pour un éventuel logement près de notre « petit coin de paradis »*.
Et voilà Raquel.
Nous passions matin et soir devant cette tortillería, et lui achetions régulièrement les meilleurs topopos en ville. Jusqu’à ce qu’on la trouve derrière son comptoir un dimanche soir, passé neuf heures.
-- Mais que fais-tu encore là?
-- « Este está mi
secunda casa » qu’elle nous répond. Six jours par semaine, de deux
heures à onze heures du soir. Et le dimanche, il n’y a qu’elle aux fourneaux… à
partir de 9 heures du matin.
Et Donald Trump qui traite les Mexicains de fainéants! Des déclarations qui font mouche. Et ne laissent personne indifférent, moi la première! Rien ne m’exaspère plus qu’un politicien qui exploite les préjugés de ses concitoyens pour engranger des votes. C’est trop facile de s’en prendre aux étrangers et d’en faire les boucs émissaires pour les problèmes que connaît un pays.
Et Donald Trump qui traite les Mexicains de fainéants! Des déclarations qui font mouche. Et ne laissent personne indifférent, moi la première! Rien ne m’exaspère plus qu’un politicien qui exploite les préjugés de ses concitoyens pour engranger des votes. C’est trop facile de s’en prendre aux étrangers et d’en faire les boucs émissaires pour les problèmes que connaît un pays.
| Il ne manque plus que la bouteille de tequila! |
Et ce, alors que Donna et moi n’en revenons pas de l’ardeur
que les Mexicains mettent au travail**. J’ai donc décidé de les dénoncer, ces
préjugés, ici même. Armée d’un appareil photo, je suis partie à la chasse aux
images… en prenant soin, évidemment, de demander aux gens s’ils acceptaient de
paraître dans mon blogue. Je leur disais que je voulais montrer à quel point
les Mexicains étaient travaillants.
Réaction fulgurante d’une de ces personnes :
Réaction fulgurante d’une de ces personnes :
-- « Trump, bastardo! »
Apparemment, au Mexique, tout le monde en a entendu parler,
de ce Donald…
Ce petit photoreportage entrepris à la hâte sera forcément
incomplet et certainement bancal. Un peu répétitif aussi… Que voulez-vous, pour
enfoncer le clou, je tiens à vous en mettre plein la vue. D’abord, plusieurs exemples
de ces petites entreprises familiales qui font vibrer le quartier...
Puis des clichés de négoces se traitant en pleine rue...
Enfin d’autres personnes qui ont bien voulu se laisser prendre en photo.
Puis des clichés de négoces se traitant en pleine rue...
Enfin d’autres personnes qui ont bien voulu se laisser prendre en photo.
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| Ci-dessous, vêtements et chaussures bon marché... neufs et recyclés. Déjà New : j'adore! |
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| L'excavation, puis la construction, en plein soleil... |
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| Papa conduit et annonce les prix; Maman surveille les légumes... et les enfants. Polychronie! |
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![]() Et de très tôt le matin jusqu'à très tard le soir... |
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Il n'y a pas de quoi laver le linge dans l'appartement que nous louons... Pas même une bassine!
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Last but not least… Margarita!
Margarita habite à un coin de rue, juste en bas de chez nous. Elle est naine. Elle est paraplégique...
Tous les jours, en milieu d'après-midi, un membre de sa famille l'installe avec sa chaise roulante devant une petite table sur laquelle on place une planche à découper. En avant, à sa gauche, un énorme chaudron rempli de maïs cuits à l'eau, qu'on appelle ici "elotes", d'une langue locale, le náhuatl.
Les clients doivent se servir eux-mêmes, à l'aide d'une grosse pince; les bras de Margarita sont trop courts. Mais c'est elle qui badigeonne les épis de mayonnaise pour ensuite les saupoudrer de fromage râpé. On a le choix de partir avec l'épi - aux bouts desquels Margarita enfonce alors des bâtonnets - ou avec une barquette en carton, dans laquelle elle aura récupéré les grains à l'aide d'un gros couteau. C'est ainsi qu'elle gagne son pain.
Elle aussi.
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| La maison de Margarita... et sa table de travail |
Défi relevé?
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* Voir Un petit coin de paradis (29 janvier)
** Voir Un "Viego Vallarta" vibrant (5 février)
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* Voir Un petit coin de paradis (29 janvier)
** Voir Un "Viego Vallarta" vibrant (5 février)




















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