2016
Une
autre année qui débute…Un autre mois de janvier d’entamé…
Un autre départ à la poursuite du soleil…
Et une reprise de contact avec mon ami Blog, lâchement délaissé depuis près de dix mois…
Quand je me mets
à compter, je n’en reviens pas : serait-ce vraiment déjà la sixième fois
que je m’évaderais ainsi?
Voyons voir… Cette semaine au Costa
Rica, celle qui m’a inoculé le virus, elle date de la Saint-Sylvestre 2011.
Ben oui! Sixième fugue donc… en Espagne ou au Mexique, sauf en 2013, où nous sommes allés en Guadeloupe, ce petit bout de terre française accrochée à l’arc des Antilles. Je troque donc une nouvelle fois mes bulles de chaleur canadiennes, frileusement recroquevillées sous la neige, au profit d’un environnement où sortir ne requiert aucun blindage particulier.
Adieu, bâtiments hermétiquement clos! J'échange un gymnase sans fenêtres pour des rues inondées de lumière; je substitue, aux corridors aveugles des centres commerciaux, de petites places entourées de boutiques multicolores… Je dors dans une pièce aux portes patios grand-ouvertes au lieu d’une chambre aux fenêtres bouclées. Ici, la vie entre à pleines portes, fenêtres, grillages et autres claustras, qui laissent allègrement passer brises, odeurs et sons.![]() |
| Vue de notre quartier depuis le centre-ville |
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| La baie de Banderas, croquée depuis la terrasse sur le toit de notre édifice. |
Du divan où
j’écris ces lignes, mes oreilles captent les cris d’enfants jouant sous le
préau de l’école maternelle; la voix de leur maître leur apprenant une nouvelle
chanson; le jingle que joue le klaxon du livreur de bonbonnes de gaz, des
messages inintelligibles lancés à la ronde par des porte-voix ancrés sur le
toit de camionnettes... et les concerts d’aboiements qui éclatent dans le quartier à tout bout de champ.
Avant l’aube -
et juste à côté de nous - s’élèvent des cocoricos lancinants, auquel d’autres
coqs plus loin se dépêchent de faire écho. Puis, au lever du jour, on entend
les voisins qui se saluent d’une maison à l’autre et des gens se héler dans la
rue. Enfin, du babil : des parents déposent leur enfant à l’école juste en
contrebas de chez nous.
Alertée par le bruit de leurs pas sur les galets qui servent ici de pavés, il m’est déjà arrivé de me précipiter au balcon pour voir passer des chevaux. Une fois, ce fut un orchestre ambulant accompagné d’une dame passant le chapeau. Une autre fois, des notes de « Für Elise » nous sont parvenues d’une maison en face, peut-être ce palace construit à coups de millions par un couple de Californiens et dont l’architecture grandiose jure dans le quartier: une jeune fille y suivrait-elle des cours de piano à la tombée du jour?

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« Last but
not least », chacune de nos journées se termine, vers 22 heures, sur quelques
coups de canons : des feux d’artifices jaillissent en face d'une plage située plus bas, à quelques 600 mètres d’ici. On peut en admirer les gracieuses gerbes lumineuses depuis
notre divan, à travers les grilles des portes patios. Une extravagance qu'un bateau de plaisance offre tous les soirs aux touristes qui y passeront la nuit à danser... loin de la ville et des oreilles, au cœur de la magnifique baie de Banderas.
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Au départ, une zone hôtelière au nord du centre-ville. Puis, l’industrie des loisirs pouvant déplacer de plus en plus de monde, on leur a carrément dédié une nouvelle ville! Golf et bateaux de croisière inclus…
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| Le Nuevo Vallarta (photo téléchargée du web) |
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| Le centre ville se situe au nord de la rivière Cuale (à gauche, sur ce plan-ci). La flèche pointe vers la place centrale. |
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Un groupe de jeunes femmes nous demande de les prendre en photo. Elles repartent déjà demain, les unes pour Boston, d’autres pour le Minnesota, dans la grande plaine nord-américaine envahie en ce moment d’air arctique. Elles ont passé ici quatre jours. « Un break » de leur métier d’infermières…
Quatre jours! Les seuls Mexicains qu’elles auront rencontrés sont probablement les employés de leur hôtel (et encore!), quelques serveurs de restaurant et, sur les plages, des vendeurs ambulants cherchant désespérément à leur soutirer quelques pesos. Bel exemple de la théorie néolibérale du ruissellement, où le « trickle down effect » devrait assurer la prospérité à tout le monde… Ha! Ha!
Le Mexique dispose de soleil. Mais est-ce lui qui finance ces hôtels, ce golf, toutes ces installations de loisir du Nuevo Vallarta? Cela m’étonnerait. Déplacements, hébergement, nourriture, activités... Quelle proportion des sous que dépensent les touristes percole vraiment vers le bas? Quel pourcentage notre beau système renvoie-t-il vers le Nord? Qui tire le plus profit de cette ressource?
Qui sait? Une
infinitésimale part des « retours sur l'argent » générés ici se retrouve
peut-être dans mon chèque de retraitée de l’enseignement en Ontario.
« Teachers » n’est-il pas un des plus importants fonds de
retraite canadien? Et me voici ici,
une statistique de plus parmi tous ces “gringos” que les Mexicains accueillent à
bras ouverts. Le Mexique dispose de soleil. Mais est-ce lui qui finance ces hôtels, ce golf, toutes ces installations de loisir du Nuevo Vallarta? Cela m’étonnerait. Déplacements, hébergement, nourriture, activités... Quelle proportion des sous que dépensent les touristes percole vraiment vers le bas? Quel pourcentage notre beau système renvoie-t-il vers le Nord? Qui tire le plus profit de cette ressource?
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| En ce beau dimanche après-midi, sur le Malecón, un groupe de jeunes s'est précipité sur nous pour nous donner des câlins. |
Selon G.K. Chesterton, “The traveller sees what he sees. The tourist sees what he has come to see.”
Me voilà funambule sur le continuum qui va de l’un à l’autre…















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