Déboussolée!
Samedi 9 janvier
461, calle Francesca Rodriguez… notre adresse pour les trois
prochaines semaines. Le taxi nous dépose devant un immeuble sur la rue
Jacarandas. Nous sommes sensées être rendues à bon port. Comment ça? Où est la rue Francesca Rodriguez? Voilà que Colin et Patrick sortent déjà d’une
porte de côté : « Bienvenues! » et ils empoignent nos plus grosses valises. Je n’y comprends rien… On est sur Jacarandas!
Je me dis qu’on verra bien demain. Il fait nuit noire après tout…
Le lendemain. On sort. La porte d’entrée, celle que Colin et
Patrick ont utilisée hier soir, donne sur une plateforme en béton juste assez
grande pour garer deux voitures. À droite, des escaliers prennent d’assaut la
montagne. À gauche, la rue Jacarandas dévale la pente devant nous, avec, sur
l’autre trottoir, l’école maternelle et le palace sur lesquels donne notre
balcon*. Pas de rue Francesca Rodriguez! Selon le plan qu’on nous a remis, elle est
pourtant sensée être là, une rue est-ouest perpendiculaire à Jacarandas.
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| Les escaliers à droite de l'entrée de notre immeuble |
Me voilà vraiment désorientée, au moins les premiers jours. Heureusement, à force de sillonner le quartier, mon « légendaire » sens de l’orientation prend le dessus. Et on s'y retrouve... tant que j'arrive à bloquer visuellement cette fameuse rue qui n’existe pas.
Et ce, jusqu’à ce que, dix jours plus tard…
Dennis et John sont des amis torontois de Donna. Cela
fait une trentaine d’années que John vient passer quelques semaines à Puerto
Vallarta, chaque hiver. Pour Dennis, c’est la cinquième fois…
Ils ont donc une bien meilleure idée de ce qui s’y passe, en particulier dans la communauté des « expats », ces milliers de nord-américains qui passent l’hiver ici. Le bénévolat** faisant quasiment partie de leur ADN, ils ont fondé une multitude d’œuvres caritatives qui, toutes, s’adonnent évidemment à des levées de fonds pour financer leurs activités.
Ils ont donc une bien meilleure idée de ce qui s’y passe, en particulier dans la communauté des « expats », ces milliers de nord-américains qui passent l’hiver ici. Le bénévolat** faisant quasiment partie de leur ADN, ils ont fondé une multitude d’œuvres caritatives qui, toutes, s’adonnent évidemment à des levées de fonds pour financer leurs activités.
Après un délicieux et pas si petit petit-déjeuner - et un échec à la tombola : aucun des 18 billets achetés entre nous quatre n'a récolté de prix - Dennis nous annonce qu’ils s'en vont au marché municipal Emiliano Zapata. C’est justement dans notre coin! Nous leur emboitons le pas et, à l’approche de notre appartement, les invitons à passer voir de quoi il a l’air.
En montant le raidillon qui mène au 461, rue Francesca
Rodriguez, je leur fais part du mystère que cette rue représente pour moi. John
s’esclaffe : « Mais la voilà, ta rue! » me dit-il en étendant
les bras. D’un côté, les escaliers dont j'ai mis une photo ci-dessus. De
l’autre, un interstice entre l’école maternelle et le palace. Un espace à peine
large d’un mètre.
Quoi? Ce serait ça, la rue qui n’existe pas?
Quoi? Ce serait ça, la rue qui n’existe pas?
Quelques jours plus tôt, par curiosité, nous étions montées tout en haut de Jacarandas,
avions tourné à gauche sur Rodolfo Gómez et nous étions retrouvées encore plus haut... dans un cul
de sac! Informations prises, deux enfants nous assurent que ces escaliers-là, à
gauche, nous ramèneraient en ville. On les prend et on se retrouve dans un
dédale de petites sentes et de trottoirs en pente, reliés par autant d’escaliers…
pour déboucher en fin de compte… littéralement devant notre porte!
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| Le bas de la "rue" Francesca Rodriguez et, au fond, la porte d'entrée de notre immeuble. On peut deviner le numéro 461 à sa droite. |
Le lendemain, nous décidons d’explorer - en connaissance de cause, cette fois-ci! - la partie ouest de
cette « rue ». Nous nous enfilons dans l’étroit passage qui sépare l’école
maternelle du palace. Il contourne l’école par l’arrière, puis bute sur un
escalier. Et là, à nouveau, d’escaliers en petites voies sinueuses, nous parvenons
en haut d'une crête. Nous rasions de si près les maisons que nous avions l'impression de passer par leur cour arrière. De l'autre côté du "sommet", une vraie rue, mais si abrupte que j’ai du mal à croire que des voitures puissent
la gravir. Et pourtant, il y a deux autos garées là haut, sur une étroit replat. Un dernier tournant, et nous voilà sur Aguacate!







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