samedi 21 janvier 2017

Premières impressions

D’une vie en noir et blanc à des tirages couleurs…


Janvier étant réapparu au calendrier, voici que, pour une ixième fois, je reprends contact avec mon ami Blog, fidèle compagnon de mes fugues sous les tropiques. Cette fois-ci, ce sera au tour du Sénégal de nous accueillir, mon amie Donna et moi.

Gilbert étrenne sa souffleuse à neige
Adieu donc…
Oh! Grands froids qui assignent à résidence;
Oh! Obligation d’enfiler un scaphandre pour mettre le nez dehors;
Oh! « Sloche » qui restreint la marche sur les trottoirs;
Oh! Beau manteau blanc où l’on s’embourbe jusqu’aux fesses;
Oh! Flocons de neige qui s’infiltrent et dégèlent en filets glacés;
Oh! Basta!
Et vive le sentiment de liberté qui m’envahit toute entière à pouvoir, tout simplement, me mouvoir sans entraves du dedans au dehors… et dehors!


Ci-contre, la "salle" à manger du petit hôtel où nous sommes descendues à Dakar. 
La clôture est couverte de bougainvilliers.

Alors donc, cette année, ce sera le Sénégal que je verrai à travers les lentilles dont m’a doté la vie : quelques notions d’histoire par ci, de géographie par là, des bribes d’anthropologie…  et quelques jours de formation aussi, à Montréal, avant le départ, en « sensibilisation interculturelle ».
Couplés, ces filtres, à l’immense plaisir de me retrouver sur le continent où j’ai vu le jour et de côtoyer à nouveau ces Africains à la joie de vivre légendaire, le cœur sur la main, auprès de qui j’ai vécu mon enfance et mon adolescence. 
Papayers, palmiers, bananes plantain, couleurs, odeurs… tout me prend aux tripes.

Lavandières sur le fleuve Sénégal
Cela ne fait encore que quelques jours que nous sommes ici. Pour le moment, il ne s’agit donc que de premières impressions… mais déjà voici que se profilent quelques thèmes que j’approfondirais volontiers : la façon dont certains Africains de l’ouest vivent l’Islam; les talibés, ces enfants mendiants à la solde de (faux?)-marabouts; la ville vs la campagne; l’influence de la Francophonie, la désertification, certaines entraves au développement… 
On verra bien!


En hors d’œuvre, quelques images des paysages que nous avons traversés en route de Dakar à St-Louis. Une fois passées les agglomérations urbaines de Dakar et de Thiès, on passe insensiblement d’un écosystème dominé par de très nombreux baobabs à une savane arborée qui, si elle n’était pas occupée par les humains, abriterait une faune comparable à celle qui parcoure les plaines de l’Afrique de l’est, fréquentées par des hordes de touristes friands de safari. Il paraît que les derniers lions et léopards ont été abattus par ici dans les années 1930.



De la voiture, je visualise des troupeaux de gnous, de gazelles, d’antilopes et de zèbres… et sous les acacias, des girafes enfilant prudemment leur longue langue étroite entre les épines pour aller cueillir leurs petites fleurs jaunes ou de tendres pousses vertes sur les branches... comme on en avait vu, Gilbert et moi, dans le parc de Waza, au nord du Cameroun, il y a bientôt 15 ans. 
Ces ruminants sauvages ont été remplacés ici par des zébus astreints, eux aussi, à une transhumance saisonnière.



Sans compter les milliers de chèvres qui  tentent d’y grappiller de quoi, aux alentours des villages. Nous traversons en effet régulièrement des agglomérations pleines d’animation, les kiosques des marchandes débordant quasiment sur l’asphalte que se disputent charrettes tirées par des mulets, autobus chargés de bagages, camions de marchandises, bicyclettes, et tout autre engin muni de roues. Des bourgs qu’annoncent hélas, immanquablement, des amoncellements de détritus le long de la route.


Scène croquée par Donna le long d'une rue commerçante

Au bout de près de 300 km. d'une route goudronnée bien entretenue, un grand pont enjambe le bras le plus large du fleuve Sénégal. Il relie la terre ferme à la fameuse île St-Louis tombée, selon un dépliant touristique, « en somnolence » puis « en léthargie » après avoir été déchue de rôle de capitale de l’Afrique occidentale française il y a un demi-siècle.



Tout récemment, son passé historique et l’architecture mauresque typique de certaines maisons ont motivé l’UNESCO à la classer parmi les sites du patrimoine mondial à préserver… ce qui ouvre la porte à d’éventuelles subventions. L’espoir fait vivre…

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