D’une vie en
noir et blanc à des tirages couleurs…
Janvier
étant réapparu au calendrier, voici que, pour une ixième fois, je reprends
contact avec mon ami Blog, fidèle compagnon de mes fugues sous les
tropiques. Cette fois-ci, ce sera au tour du Sénégal de nous accueillir, mon
amie Donna et moi.
Adieu donc…
Oh! Grands
froids qui assignent à résidence;
Oh!
Obligation d’enfiler un scaphandre pour mettre le nez dehors;
Oh!
« Sloche » qui restreint la marche sur les trottoirs;
Oh! Beau
manteau blanc où l’on s’embourbe jusqu’aux fesses;
Oh! Flocons
de neige qui s’infiltrent et dégèlent en filets glacés;
Oh! Basta!
Et vive le sentiment
de liberté qui m’envahit toute entière à pouvoir, tout simplement, me mouvoir sans
entraves du dedans au dehors… et dehors!


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Alors donc,
cette année, ce sera le Sénégal que je verrai à travers les lentilles dont m’a
doté la vie : quelques notions d’histoire par ci, de géographie par là,
des bribes d’anthropologie… et quelques
jours de formation aussi, à Montréal, avant le départ, en « sensibilisation
interculturelle ».
Couplés, ces
filtres, à l’immense plaisir de me retrouver sur le continent où j’ai vu le
jour et de côtoyer à nouveau ces Africains à la joie de vivre légendaire, le
cœur sur la main, auprès de qui j’ai vécu mon enfance et mon adolescence.
Papayers, palmiers, bananes plantain, couleurs, odeurs… tout me prend aux tripes.
Papayers, palmiers, bananes plantain, couleurs, odeurs… tout me prend aux tripes.
Cela ne fait
encore que quelques jours que nous sommes ici. Pour le moment, il ne s’agit
donc que de premières impressions… mais déjà voici que se profilent quelques
thèmes que j’approfondirais volontiers : la façon dont certains Africains
de l’ouest vivent l’Islam; les talibés, ces enfants mendiants à la solde de (faux?)-marabouts; la ville vs la
campagne; l’influence de la Francophonie, la désertification, certaines entraves
au développement…
On verra bien!
On verra bien!
En hors
d’œuvre, quelques images des paysages que nous avons traversés en route de
Dakar à St-Louis. Une fois passées les agglomérations urbaines de Dakar et de Thiès, on passe insensiblement d’un écosystème dominé par de très nombreux baobabs à une savane arborée qui, si elle n’était pas occupée par les humains,
abriterait une faune comparable à celle qui parcoure les plaines de l’Afrique
de l’est, fréquentées par des hordes de touristes friands de safari. Il paraît
que les derniers lions et léopards ont été abattus par ici dans les années 1930.
De la
voiture, je visualise des troupeaux de gnous, de gazelles, d’antilopes et de
zèbres… et sous les acacias, des girafes enfilant prudemment leur longue langue
étroite entre les épines pour aller cueillir leurs petites fleurs jaunes ou de
tendres pousses vertes sur les branches... comme on en avait vu, Gilbert et moi,
dans le parc de Waza, au nord du Cameroun, il y a bientôt 15 ans.
Ces ruminants sauvages ont été remplacés ici par des zébus astreints, eux aussi, à une transhumance saisonnière.
Ces ruminants sauvages ont été remplacés ici par des zébus astreints, eux aussi, à une transhumance saisonnière.
Sans compter les milliers de chèvres qui tentent d’y grappiller de quoi, aux alentours des villages. Nous traversons en effet régulièrement des agglomérations pleines d’animation, les kiosques des marchandes débordant quasiment sur l’asphalte que se disputent charrettes tirées par des mulets, autobus chargés de bagages, camions de marchandises, bicyclettes, et tout autre engin muni de roues. Des bourgs qu’annoncent hélas, immanquablement, des amoncellements de détritus le long de la route.
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| Scène croquée par Donna le long d'une rue commerçante |
Au bout de près de 300 km. d'une route goudronnée bien entretenue,
un grand pont enjambe le bras le plus large du fleuve Sénégal. Il relie la
terre ferme à la fameuse île St-Louis tombée, selon un dépliant touristique,
« en somnolence » puis « en léthargie » après avoir été
déchue de rôle de capitale de l’Afrique occidentale française il y a un
demi-siècle.
Tout
récemment, son passé historique et l’architecture mauresque typique de
certaines maisons ont motivé l’UNESCO à la classer parmi les sites du
patrimoine mondial à préserver… ce qui ouvre la porte à d’éventuelles
subventions. L’espoir fait vivre…









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