mercredi 25 janvier 2017

Chez les Toucouleurs

Auprès de mon arbre, je vivais heureux...
 (Brassens)

Un essaim d’enfants dévale la pente qui mène à l'endroit où vient de s’échouer "l’annexe" de notre bateau.

Nous avons régulièrement utilisé cette barge-ci pour nos excursions vers des endroits 
accessibles seulement avec un bateau à fond plat.
À peine le pied à terre que des gamines nous prennent par la main et nous entraînent gaiement vers les premières huttes en pisé près du débarcadère. Selon notre guide, il s’agit de l’accueil le plus enthousiaste qu’une communauté Toucouleur puisse réserver.
- Si, quand vous débarquez, vous ne voyez aucun enfant, nous prévient-il, c’est que les gens du village ne veulent pas de vous chez eux. Déguerpissez!


 

La visite d’un village de l’ethnie Toucouleurs fait partie du programme de la semaine, comme celle d’un campement Peuhl prévue pour le surlendemain.
L’entreprise qui gère la croisière a manifestement bien négocié la chose : nous sommes plus que bienvenus. Nous apprendrons par la suite, lors d’une allocution donnée par l’instituteur du village, que c’est cette « Compagnie du fleuve » qui a construit leur nouvelle école, ce qui évite aux enfants du village de devoir parcourir quatre fois par jour les trois kilomètres qui les séparent de l’école publique la plus proche.
On s’est demandé, Donna et moi, si la compagnie payait également le salaire de l’enseignant…

L'école semble avoir trois classes: une en plein air; celle en dur dont on voit l'extérieur ci-dessus et l'intérieur ci-dessous, ainsi qu'une en pisé qui semble encore servir, les pupitres étant neufs.















Le village s’est manifestement préparé à notre venue : pas une seule bouteille de plastique en vue... Tout est nickel!
Et les gens plus que disposés à nous montrer leur mode de vie et leurs façons de faire.

La maison typique
Côté face: Entrée principale donnant sur une terrasse très légèrement surélevée 

abritant, à un bout, la cuisine.

Côté pile : l'étable, le grenier et le cheval, pour les déplacements en charrette.

La cuisine, avec deux braseros.

Un tapis de paille multicolore sur la terrasse, pour jaser entre amis ou dormir à la belle étoile

Briques séchant au soleil, composées essentiellement de glaise et de paille, 
celle-ci constituant un excellent isolant contre la chaleur. 
En périodes de grandes chaleurs, il peut faire jusqu'à 20° de moins dans la maison.


À gauche, une jeune fille montre à des touristes comment
on écrase des céréales dans un mortier à l'aide d'un pilon.
La dame tient un enfant par la main...
Ci-dessus, démonstration de la préparation de la semoule.



















Pendant ce temps. des gars s'emploient à ramener les protéines du souper.
Un peu à l'écart des maisons, les lieux d'aisance...



... ainsi que quelques enclos où l'on garde sous haute surveillance les derniers arrivés ainsi que leur maman.

Le reste du bétail est au loin, pour mettre les champs cultivés à l'abri de leur appétit vorace.


Grâce à des travaux d'irrigation, on fait pousser de quoi à l'année longue. En saison des pluies, du riz, puis des cultures maraîchères.



Le système de clapet pour faire entrer l'eau
dans les canalisations
 



Les champs sont préparés la saison précédente, en sillons et billons. Quand nous étions à Yaoundé, Gilbert et moi, il y a de cela déjà plusieurs années, Marguerite, notre hôtesse, nous avait expliqué cette technique traditionnelle, qu'elle utilisait dans son jardin potager. Au moment de la récolte, on garde précieusement tout ce qui ne se mange pas. Une fois le champs vidé, on place ces amas de tiges et de feuilles en longues rangées, qu'on recouvre soigneusement de terre en creusant de profonds sillons de chaque côté. Sous ces petites buttes, cette matière organique se transforme en riche compost.
Ainsi, sous des dehors qui peuvent sembler frustres, cette petite communauté possède tout ce dont elle a besoin, sinon plus. 
Voyez seulement:
Un panneau solaire pour alimenter la télévision, captée à l'aide d'une soucoupe.
Qui dit mieux?

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