jeudi 5 février 2015

Picasso ... des collages, en art et en histoire

Picasso!
Naissance à Málaga en 1881, en pleine épidémie de scarlatine. Baptême d'urgence, pour ne pas qu'il se retrouve dans les limbes, ces "lieux de l'au-delà" où aboutissait tout bébé non baptisé, et dont Wikipédia m'apprend qu'ils sont "situés aux marges de l'enfer"(1). Wow! Heureusement, il n'y avait que la rue à traverser pour trouver un baptistère et lui administrer ce rite salutaire. Ouf!
Cette anecdote, je la tiens de Paco, le guide tout guilleret qui nous mené, tambour-battant, visiter le centre-ville à pied, lui qui n'hésitait pas à houspiller sans vergogne les guides non officiels qui osaient lui faire concurrence ou les passants qui tendaient l'oreille sans avoir payé leur dû.

Picasso. Un des ressortissants les plus célèbres de la ville! On nous désigne sa maison natale, l'école qu'il a fréquentée, celle où son père enseignait le dessin... et, évidemment, le musée entièrement dédié à ses œuvres, où nous sommes allées, comme il se doit!
La peinture venant d'être supplantée par la photographie pour la production de portraits, il fallait bien lui trouver une autre vocation. Picasso semble ne pas se l'être fait dire trois fois! Que de femmes désarticulées, vues à la fois de face, de profil, d'en haut, de côté, d'en bas; sculptures étirées dans tous les sens, céramiques... mais aussi - à ma grande surprise - des collages!
Moi qui pensais cette technique beaucoup plus contemporaine. Assemblages hétéroclites d'éléments qui, après être passés par les mains de l'artiste, prennent forme et sens.



Le défi... et le  plaisir! ... du désassemblage

À mes yeux, chaque lieu - chaque ville plus particulièrement - représente aussi un immense collage.
Sauf qu'ici, les artistes en question, ce sont les habitants qui ont vécu dans ces endroits, parfois depuis des millénaires. De même qu'on peut deviner, dans certaines toiles, les ébauches sous-jacentes qu'un artiste mécontent de sa première œuvre a recouvert de nouvelles couches de peinture, on peut percevoir dans certaines coutumes et certains édifices actuels les relents d'anciennes croyances et de lointains conflits...

Sous l'œil vigilant d'une caméra de surveillance moderne, les remparts de l'Alcazaba, une citadelle construite par les Maures au XIe siècle, sur un site déjà occupé - dès 900 avant notre ère! - par des Phéniciens venus de l'autre bout de la Méditerranée. Il surplombe les ruines d'un théâtre romain construit sous Auguste au 1er siècle de notre ère.
Quel plaisir quand, au hasard d'une rue, on tombe sur un tel site! Pouvoir sauter ainsi d'un continent à un autre, relier un pays à celui qui l'a influencé, franchir d'un bond quelques siècles ou même quelques millénaires... J'adore me prêter à ce jeu!

Ce théâtre n'a été redécouvert qu'en 1951!
Et je ne suis manifestement pas la seule à aimer reconstituer ce genre de casse-tête. Ci-dessous, une photo piratée d'un site web consacré aux grands "recycleurs" dans l'histoire (2).
Quelle belle carrière de pierres équarries que les ruines de ce théâtre, là, au pied de la colline. Les maçons maures n'avaient qu'à se baisser pour les ramasser! Et tant qu'à disposer de si beaux bouts de colonnes, pourquoi ne pas en décorer cette porte fortifiée?

Beau collage, non?
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Limbes

1 commentaire:

  1. Comme l'an dernier, c'est très intéressant de vous suivre Liv et Donna. :-)
    France

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